Alimentation et thyroïde

Alimentation et thyroïde

La thyroïde est une petite glande située à la base du cou, mais son rôle est essentiel. Elle participe à la régulation du métabolisme, de la température du corps, du rythme cardiaque et du niveau d’énergie.

Son bon fonctionnement dépend en partie de certains nutriments, comme l’iode, le sélénium, le fer et le zinc. L’alimentation peut donc soutenir la santé thyroïdienne, mais elle ne suffit pas à elle seule à prévenir ou traiter tous les troubles de la thyroïde.

D’autres facteurs entrent aussi en jeu, notamment la génétique, le système immunitaire et l’environnement. Dans certaines maladies thyroïdiennes auto-immunes, l’inflammation et peut-être le microbiote intestinal pourraient également avoir un rôle.

Dans cet article, nous verrons quels liens existent vraiment entre alimentation et santé thyroïdienne, et quels conseils reposent sur des données scientifiques.

Quelques nutriments clés pour la fonction thyroïdienne

 

L’iode

L’iode est indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes. Un apport adéquat est donc nécessaire au fonctionnement normal de la thyroïde. À l’inverse, un apport excessif peut également nuire à la fonction thyroïdienne et aggraver certains troubles, particulièrement chez les personnes plus vulnérables.

Au Canada, le sel de table iodé est une source importante d’iode. Les poissons, les fruits de mer, les produits laitiers et les œufs peuvent aussi y contribuer. En revanche, les sels de mer, de l’Himalaya et les autres sels gourmets ne sont pas forcément iodés. Pas besoin, donc, de payer plus cher pour un sel « fancy » en pensant qu’il est meilleur pour la santé : lorsqu’on parle d’iode et de santé thyroïdienne, le bon vieux sel iodé demeure un choix simple et pertinent.

Le sélénium

Le sélénium participe au bon fonctionnement de la thyroïde, notamment au métabolisme des hormones thyroïdiennes et aux mécanismes antioxydants qui contribuent à protéger la glande. Un statut insuffisant en sélénium a été associé à différents troubles thyroïdiens, notamment l’hypothyroïdie et certaines maladies thyroïdiennes auto-immunes, comme la thyroïdite de Hashimoto. Certaines études ont également observé des associations avec le cancer de la thyroïde, mais les liens demeurent complexes et ne permettent pas d’établir une relation de cause à effet.

Le sélénium est présent dans plusieurs aliments, notamment les poissons et fruits de mer, les œufs, les viandes, les légumineuses, les noix et les graines. Les noix du Brésil en sont particulièrement riches.

Même si le sélénium est essentiel, plus n’est pas nécessairement mieux. Les suppléments ne sont pas systématiquement nécessaires et les données ne montrent pas qu’une supplémentation améliore la santé thyroïdienne chez tout le monde. De plus, un apport excessif peut être nocif. La prise d’un supplément de sélénium devrait donc répondre à une indication claire plutôt que d’être utilisée systématiquement pour « soutenir la thyroïde ».

Le fer

Le fer est essentiel à plusieurs fonctions de l’organisme, dont la production des hormones thyroïdiennes. Un apport insuffisant peut perturber certaines étapes de leur fabrication et a été associé à des changements de la fonction thyroïdienne. La relation entre le fer et la thyroïde est toutefois complexe : la carence en fer et l’anémie ont été associées à l’hypothyroïdie, tandis que les hormones thyroïdiennes participent elles-mêmes à la production des globules rouges.

Les besoins en fer augmentent notamment pendant la grossesse, une période où un apport adéquat est important pour soutenir la santé maternelle et le développement du bébé.

On retrouve du fer dans les viandes, les poissons et fruits de mer, les légumineuses, le tofu, les noix et les graines, ainsi que dans certains produits céréaliers enrichis.

À lire aussi : Le rôle de l’alimentation avant et pendant la grossesse

Mythes courants sur l’alimentation et la thyroïde

Faut-il éliminer le gluten?
Pas systématiquement.

Certaines études suggèrent qu’une alimentation sans gluten pourrait avoir des effets favorables sur certains marqueurs de la fonction thyroïdienne et de l’auto-immunité. Ces effets pourraient être plus pertinents chez les personnes atteintes de thyroïdite de Hashimoto qui présentent également un trouble lié au gluten.
Cependant, les données demeurent limitées et ne permettent pas de recommander une alimentation sans gluten à toutes les personnes atteintes de Hashimoto. En présence de maladie cœliaque, l’élimination stricte du gluten est toutefois nécessaire.

Faut-il prendre du sélénium?
Le sélénium est essentiel à la fonction thyroïdienne, mais cela ne signifie pas qu’un supplément soit nécessaire. La supplémentation ne devrait pas être systématique, surtout en l’absence de carence documentée, car des apports excessifs peuvent aussi être nocifs.

Faut-il éviter les crucifères?
Les crucifères, comme le brocoli, le chou-fleur, le chou frisé et le bok choy, sont parfois qualifiés d’aliments « goitrogènes » en raison de certains composés pouvant interférer avec la fonction thyroïdienne. Pourtant, les données actuelles suggèrent que leur consommation en quantités habituelles dans le cadre d’une alimentation variée ne présente pas de risque pour la fonction thyroïdienne, particulièrement lorsque l’apport en iode est adéquat.

Les préoccupations concernent surtout la consommation de grandes quantités de crucifères crus, puisque la cuisson réduit leur potentiel goitrogène. Il n’y a donc aucune raison d’éliminer ces légumes nutritifs de son alimentation.

En conclusion

L’alimentation peut contribuer à soutenir la santé thyroïdienne, notamment en assurant des apports adéquats en nutriments essentiels comme l’iode, le sélénium et le fer. Mais il n’existe pas une alimentation unique pour « optimiser » la thyroïde, et certaines restrictions ou stratégies populaires ne sont pas toujours justifiées.

L’alimentation s’inscrit plutôt dans une approche complémentaire à la prise en charge médicale. Elle ne remplace ni le suivi, ni les analyses, ni les traitements prescrits lorsqu’ils sont nécessaires.

Même prudence du côté des suppléments : plus n’est pas nécessairement mieux. L’iode, le sélénium ou le fer, par exemple, ne devraient pas être pris systématiquement sans indication claire, puisque des apports excessifs peuvent eux aussi avoir des effets indésirables.

Vous aimeriez savoir comment adapter votre alimentation à votre santé thyroïdienne? Une consultation en nutrition permet d’évaluer votre alimentation, vos besoins et votre situation individuelle afin de vous proposer des recommandations adaptées et fondées sur les données scientifiques.

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Références:

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