Si tu as l’impression que ton corps change, même en mangeant «comme avant», tu n’es pas seule.
La période de la périménopause et de la ménopause est marquée par une série de transformations physiologiques qui peuvent influencer le poids, mais surtout la composition corporelle. Et contrairement à ce qu’on entend souvent, ce n’est pas uniquement une question de volonté ou d’habitudes.
C’est une transition complexe, où plusieurs facteurs s’entrecroisent.
Au Canada, on estime que plus de 10 millions de femmes ont plus de 40 ans, soit plus du quart de la population. Les données suggèrent également qu’en moyenne, une prise de poids d’environ 10 kg (22 lb) peut survenir entre 40 et 60 ans.
Pourquoi le poids peut changer, même sans modifier son alimentation
Une des phrases qui revient le plus souvent :
« Je mange comme avant… mais je prends du poids, je ne sais plus quoi faire »
La réponse ne se trouve pas dans un seul facteur, mais dans une combinaison de mécanismes.
1. Les hormones
La diminution des œstrogènes joue un rôle important dans cette transition. Elle peut contribuer à :
- une modification de la régulation de la glycémie
- une augmentation progressive de la résistance à l’insuline
- des changements dans les signaux de faim et de satiété
2. La résistance à l’insuline
La périménopause est souvent associée à une augmentation de la résistance à l’insuline.
L’insuline est une hormone qui permet au glucose (le sucre dans le sang) d’entrer dans les cellules pour être utilisé comme source d’énergie.
Lorsque les cellules deviennent moins sensibles à l’insuline, le corps doit en produire davantage pour obtenir le même effet. On parle alors de résistance à l’insuline.
Concrètement, cela peut :
- favoriser le stockage des graisses
- influencer la gestion de la glycémie
- contribuer à une augmentation du risque de syndrome métabolique
C’est un changement métabolique important, souvent silencieux, mais central dans la compréhension du poids à cette période.
3. La distribution du gras
Ce qui change le plus, c’est surtout la distribution du gras.
Avant la ménopause, sous l’influence des œstrogènes, les graisses ont tendance à se répartir davantage dans le bas du corps : hanches, cuisses et fesses.
On parle alors plus souvent d’une silhouette en forme de poire (pear shape).
Avec la baisse des œstrogènes qui accompagne la périménopause et la ménopause, le stockage des graisses tend progressivement à se déplacer vers la région abdominale.
On observe alors davantage une silhouette en forme de pomme (apple shape), caractérisée par une accumulation des graisses au niveau de l’abdomen, de la taille et du haut du corps.
La graisse qui s’accumule autour de l’abdomen est souvent de la graisse viscérale, c’est-à-dire qu’elle entoure les organes internes. Même en petite quantité, cette graisse est métaboliquement active et est associée à certains risques pour la santé, comme la résistance à l’insuline, les maladies cardiovasculaires et le syndrome métabolique, indépendamment du poids total.

4. La masse musculaire et la dépense énergétique
Avec l’âge et les changements hormonaux, la masse musculaire diminue progressivement, ce qui peut s’accompagner d’une baisse de la dépense énergétique au repos. Certaines estimations suggèrent une diminution d’environ 250 à 300 kcal par jour, en partie liée à ces changements.
5. Le sommeil et le stress : des facteurs souvent sous-estimés
La périménopause s’accompagne fréquemment de changements au niveau du sommeil. Les nuits peuvent devenir plus fragmentées, avec des réveils nocturnes et une sensation de fatigue qui s’installe au fil du temps.
En parallèle, cette période de vie est souvent marquée par plusieurs responsabilités. Entre le travail, la famille, les enfants ou les parents vieillissants, la charge mentale peut être importante.
Ce contexte peut influencer différents aspects du quotidien. Il peut affecter les hormones impliquées dans la régulation de l’appétit, mais aussi les choix alimentaires et les niveaux d’énergie.
Et maintenant?
Comprendre ces mécanismes permet de sortir d’une approche culpabilisante et de reconnaître que les besoins évoluent avec cette transition.
La suite, ce n’est pas une solution unique. J’aimerais pouvoir dire qu’il existe une approche simple ou une sorte de “solution magique” qui règle tout, mais la réalité est plus nuancée.
Les changements observés en périménopause et à la ménopause sont multifactoriels. Ils impliquent des dimensions hormonales, métaboliques et aussi contextuelles.
L’approche consiste donc plutôt à prendre en considération plusieurs piliers à la fois : l’alimentation, bien sûr, mais aussi le mode de vie, le sommeil, le stress et le niveau d’activité.
Par exemple, il devient difficile d’ignorer certains éléments du quotidien dans une démarche de gestion du poids. Une personne qui travaille 60 heures par semaine, dort peu, vit beaucoup de stress ou a une consommation élevée d’alcool fait face à un contexte qui peut influencer le métabolisme, l’énergie, l’appétit et les habitudes de vie.
C’est aussi pourquoi les changements graduels sont souvent plus réalistes et durables qu’une approche très restrictive ou centrée uniquement sur l’alimentation.
Si tu as l’impression que ton corps change et que tu ne sais plus trop comment t’adapter, c’est tout à fait normal.
Du côté nutritionnel, une évaluation permet de faire le point sur ta réalité, de mieux comprendre les facteurs en jeu dans ton cas, et de bâtir une approche adaptée à ton quotidien.
Si tu as l’impression que ton corps change et que tu ne sais plus trop comment t’adapter, c’est tout à fait normal.
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