Alimentation et adénomyose

Alimentation et adénomyose

L’adénomyose est une condition gynécologique caractérisée par la présence de tissu semblable à l’endomètre à l’intérieur du muscle utérin.

Encore aujourd’hui, elle demeure sous-diagnostiquée, bien qu’elle soit relativement fréquente. On estime qu’elle pourrait toucher près de 20 % des patientes en gynécologie et qu’elle pourrait être impliquée dans plus de 40 % des hystérectomies réalisées.

Sur le plan clinique, elle peut se manifester par des menstruations abondantes, des douleurs menstruelles importantes, des saignements irréguliers, des douleurs pelviennes ou pendant les relations sexuelles, et parfois des difficultés de fertilité.

Longtemps, l’adénomyose a été associée principalement aux femmes de plus de 40 ans ayant eu des enfants, et son diagnostic reposait souvent sur une hystérectomie. Aujourd’hui, grâce aux avancées en imagerie, comme l’échographie transvaginale et l’IRM, elle est de plus en plus reconnue, y compris chez des femmes plus jeunes.

L’adénomyose peut également coexister avec d’autres conditions gynécologiques, comme l’endométriose ou les fibromes utérins, ce qui peut complexifier le portrait clinique.

Dans ce contexte, la nutrition ne constitue pas un traitement en soi. Elle peut toutefois contribuer à soutenir certains symptômes et s’inscrire dans une approche globale, notamment en lien avec l’inflammation, la santé digestive et certains besoins nutritionnels accrus.

Le rôle de l’alimentation : une approche de soutien

À ce jour, les données spécifiques sur l’alimentation et l’adénomyose demeurent limitées. On s’appuie donc en partie sur les connaissances issues d’autres conditions inflammatoires gynécologiques, comme l’endométriose. Dans cette optique, mon livre Endométriose, alimentation et mode de vie peut servir de repère complémentaire pour approfondir certaines stratégies alimentaires et leur application au quotidien.

L’objectif alimentaire est de soutenir :

  • les processus inflammatoires
  • la santé hormonale
  • la santé digestive
  • les besoins nutritionnels accrus (ex. fer)

1. Une alimentation à potentiel anti-inflammatoire

Certaines habitudes alimentaires peuvent contribuer à moduler l’inflammation systémique.

Sans être une approche rigide, cela peut inclure :

  • une consommation régulière de fruits et légumes variés
  • des aliments riches en antioxydants-  un guide complémentaire permet d’en approfondir les bases et de trouver des idées de recettes
  • des sources de gras insaturés (ex. huile d’olive, noix, poissons gras)
  • des protéines diversifiées (poisson, volaille, légumineuses, tofu)
  • une limitation des aliments ultra-transformés

L’idée est davantage de construire une base alimentaire équilibrée et durable, plutôt que de suivre un modèle restrictif.

Quelques lectures supplémentaires:

-Endométriose et produits laitiers

-Quoi manger pour la gestion de l’endométriose

2. Soutenir les symptômes digestifs

Certaines femmes vivant avec l’adénomyose rapportent des inconforts digestifs (ballonnements, transit irrégulier, sensibilité intestinale).

Dans ces cas, l’alimentation peut contribuer à améliorer le confort digestif, notamment en ajustant :

  • la quantité et le type de fibres (solubles vs insolubles)
  • l’hydratation
  • la répartition des repas
  • certains déclencheurs individuels

Dans certaines situations, des approches plus structurées peuvent être explorées (comme une adaptation des FODMAP selon le moment du cycle menstruel), toujours dans un cadre individualisé.

L’analyse d’un journal alimentaire et de symptômes peut être particulièrement utile pour mieux comprendre les liens entre alimentation, digestion et cycle menstruel.

3. Le fer : un nutriment clé à surveiller

Les menstruations abondantes associées à l’adénomyose augmentent le risque de carence en fer.

Cela peut se manifester par :

  • de la fatigue
  • une diminution de la concentration
  • un essoufflement à l’effort

Sur le plan nutritionnel, on peut porter attention à :

  • l’apport en fer (viandes, légumineuses, tofu, graines)
  • l’association avec la vitamine C pour en améliorer l’absorption
  • les facteurs qui peuvent la diminuer (ex. thé, café au moment des repas)

Selon la situation, une évaluation plus approfondie et une supplémentation peuvent être nécessaires, en collaboration avec un professionnel de la santé.

4. Une approche individualisée avant tout

Il n’existe pas une seule “bonne alimentation” pour l’adénomyose.

Certaines personnes ressentent des bénéfices avec des ajustements simples, alors que d’autres auront besoin d’une approche plus structurée. L’objectif est d’éviter les restrictions inutiles et de soutenir une alimentation qui reste :

  • suffisante sur le plan nutritionnel
  • adaptée aux symptômes
  • réaliste au quotidien

En pratique

Une démarche nutritionnelle peut inclure :

  • l’analyse des habitudes alimentaires
  • l’observation des symptômes digestifs et du cycle menstruel
  • l’évaluation des apports en nutriments clés (dont le fer)
  • la mise en place de stratégies ciblées et évolutives

Cette collecte d’informations permet ensuite de proposer des recommandations plus personnalisées, en fonction du profil et des besoins.

À retenir

L’alimentation peut jouer un rôle de soutien dans la gestion de l’adénomyose, notamment en agissant sur l’inflammation, la digestion et certains nutriments clés comme le fer.

Il ne s’agit pas d’une solution unique, mais d’un levier parmi d’autres dans une approche globale, nuancée et individualisée.

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Références:

-Donnez, J., Stratopoulou, C. A., & Dolmans, M. M. (2024). Endometriosis and adenomyosis: Similarities and differences. Best practice & research. Clinical obstetrics & gynaecology92, 102432. https://doi.org/10.1016/j.bpobgyn.2023.102432

-Santulli, P., Vannuccini, S., Bourdon, M., Chapron, C., & Petraglia, F. (2025). Adenomyosis: the missed disease. Reproductive biomedicine online50(4), 104837. https://doi.org/10.1016/j.rbmo.2025.104837