Du SOPK au SMOP : pourquoi ce changement de nom?

Du SOPK au SMOP : pourquoi ce changement de nom?

Pendant plus de 30 ans, le terme syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) a été utilisé pour désigner l’un des troubles endocriniens les plus fréquents chez les femmes en âge de procréer.

Pourtant, ce nom a toujours posé un problème.

D’abord, parce que plusieurs femmes atteintes ne présentent pas d’ovaires « polykystiques » à l’échographie. Ensuite, parce que les petits follicules visibles à l’échographie ne sont pas de véritables kystes. Enfin, parce que cette appellation laisse croire que le problème se limite aux ovaires, alors qu’il s’agit en réalité d’une condition beaucoup plus complexe qui peut toucher plusieurs systèmes de l’organisme.

En 2025, un vaste processus de consultation internationale a réuni des chercheurs, des professionnels de la santé et des personnes vivant avec cette condition. Cette démarche a mené à une recommandation importante : remplacer le terme SOPK par syndrome métabolique polyendocrinien ovarien (SMOP).

Ce nouveau nom reflète beaucoup mieux ce que nous savons aujourd’hui de cette condition.

  • Syndrome, parce qu’il s’agit d’un ensemble de manifestations cliniques plutôt que d’une seule maladie.
  • Métabolique, parce que la résistance à l’insuline et les perturbations métaboliques occupent une place centrale chez de nombreuses personnes atteintes.
  • Polyendocrinien, parce que plusieurs hormones sont impliquées, bien au-delà des seules hormones ovariennes.
  • Ovarien, parce que les ovaires demeurent concernés, notamment en raison des troubles de l’ovulation et de la production accrue d’androgènes.

Ce changement reflète l’évolution des connaissances scientifiques. Il rappelle que le SMOP est une condition qui peut avoir des répercussions sur la santé reproductive, mais aussi sur la santé métabolique, cardiovasculaire et le bien-être à long terme.

Ainsi, comprendre cette réalité permet de mieux saisir pourquoi les recommandations actuelles ne se limitent plus à la gestion des cycles menstruels ou de la fertilité. Elles accordent également une place importante à la prévention des complications métaboliques, qui peuvent apparaître bien avant la ménopause.

Mais concrètement, pourquoi parle-t-on maintenant de santé métabolique lorsqu’il est question du SMOP?

Le SMOP et la santé métabolique : un lien qu’on ne peut plus ignorer

En effet, si le terme métabolique fait maintenant partie du nom du SMOP, ce n’est pas un hasard.

Les recherches des dernières années ont démontré que le SMOP ne touche pas seulement les hormones reproductives. Il s’agit également d’une condition qui peut avoir des répercussions importantes sur le métabolisme. L’un des mécanismes les plus importants impliqués dans le SMOP est la résistance à l’insuline.

L’insuline est une hormone produite par le pancréas. Son rôle est de permettre au glucose (le sucre) de passer de la circulation sanguine vers les cellules, où il sera utilisé comme source d’énergie.

Lorsque les cellules deviennent moins sensibles à l’action de l’insuline, on parle de résistance à l’insuline. Pour maintenir une glycémie normale, le pancréas doit alors produire davantage d’insuline, un phénomène appelé hyperinsulinémie.

Or, chez les femmes vivant avec un SMOP, cette hyperinsulinémie peut également stimuler la production d’androgènes (les hormones sexuelles masculines) par les ovaires. Cela peut perturber l’ovulation et contribuer à aggraver plusieurs manifestations de la condition, notamment les cycles menstruels irréguliers et les signes d’hyperandrogénie.

N.B: Bien que la résistance à l’insuline soit très fréquente, toutes les personnes vivant avec un SMOP n’en présentent pas au même degré. Le SMOP est une condition complexe dont les manifestations varient d’une personne à l’autre, ce qui explique pourquoi les recommandations nutritionnelles doivent toujours être individualisées.

À long terme, cette combinaison de résistance à l’insuline, de dérèglements hormonaux et d’inflammation de bas grade peut favoriser le développement de plusieurs problèmes de santé, notamment :

  • le prédiabète et le diabète de type 2;
  • la dyslipidémie (cholestérol et triglycérides);
  • l’hypertension artérielle;
  • la stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique (anciennement appelée stéatose hépatique non alcoolique);
  • un risque cardiovasculaire accru.

Par ailleurs, il est important de rappeler qu’une personne vivant avec un SMOP peut présenter une résistance à l’insuline ou d’autres anomalies métaboliques même même en l’absence d’un surpoids ou excès pondéral. Autrement dit, le poids à lui seul ne permet pas d’évaluer le risque métabolique. C’est pourquoi un suivi médical et nutritionnel adapté demeure pertinent, peu importe l’indice de masse corporelle.

 

Pourquoi la nutrition occupe-t-elle une place si importante?

Pendant longtemps, les recommandations alimentaires destinées aux personnes vivant avec un SMOP étaient principalement associées à la perte de poids. Aujourd’hui, notre compréhension est beaucoup plus nuancée.

La nutrition est considérée comme l’une des interventions de première intention dans la prise en charge du SMOP, au même titre que l’activité physique. En effet, elle agit directement sur plusieurs mécanismes impliqués dans cette condition, notamment la résistance à l’insuline et la santé cardiométabolique.

L’objectif n’est pas de suivre une diète restrictive ni d’éliminer certains aliments, mais plutôt de mettre en place une alimentation qui soutient la santé métabolique et qui est réaliste à long terme.

Selon les besoins de chaque personne, une approche nutritionnelle peut contribuer à :

  • améliorer la sensibilité à l’insuline;
  • favoriser une glycémie plus stable au cours de la journée;
  • soutenir la satiété et la régulation de l’appétit;
  • soutenir les objectifs liés au poids, lorsque souhaité;
  • améliorer la qualité globale de l’alimentation;
  • soutenir la santé du foie et réduire certains facteurs de risque cardiovasculaire.

Concrètement, qu’est-ce que cela signifie dans l’assiette?

Concrètement, cela passe souvent par une alimentation riche en fibres et une consommation suffisante de protéines. On privilégie également des aliments peu transformés, des sources de gras majoritairement insaturés et une répartition des glucides adaptée aux besoins de la personne. Les modèles alimentaires de type méditerranéen sont d’ailleurs parmi les approches les plus étudiées dans le SMOP, puisqu’ils répondent à plusieurs de ces objectifs.

En consultation, c’est justement ce que j’accompagne mes clientes à mettre en pratique. L’objectif n’est pas de suivre des règles rigides. Il s’agit plutôt de comprendre les principes qui soutiennent la santé métabolique et de les adapter au quotidien, selon les préférences alimentaires et les objectifs de chacune.

Cela dit, il n’existe pas une seule façon de manger qui convienne à toutes les personnes vivant avec un SMOP. Les recommandations doivent toujours être personnalisées. Elles tiennent compte des symptômes, des objectifs (fertilité, gestion des symptômes ou prévention des complications métaboliques), des préférences alimentaires et des autres conditions de santé.

Pour conclure

Le SMOP est une condition complexe, mais il existe plusieurs stratégies qui permettent d’agir sur ses mécanismes sous-jacents. Parmi elles, la nutrition occupe une place centrale.

En fait, si tu vis avec un SMOP, je t’encourage fortement à consulter une nutritionniste. Tu pourras mieux comprendre comment tes choix alimentaires peuvent devenir un véritable allié dans la gestion de cette condition. Une approche personnalisée permet d’adapter les recommandations à tes symptômes, à tes objectifs et à ta réalité.

Pour prendre RDV c’est par ICI 

Si tu souhaites en apprendre davantage sur les stratégies nutritionnelles pouvant soutenir la gestion du SMOP, tu peux également consulter mon programme en ligne SMOP 101. Conçu à partir des données scientifiques actuelles, il t’aidera à mieux comprendre cette condition et à mettre en place des changements concrets, à ton rythme, peu importe où tu vis.

 

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